Les bonnes « mauvaises herbes »

Jean-Claude de « Spot jardin » m’a proposé de participer à « l’opération Nature » en écrivant un article sur ce thème.
Je vous invite à aller découvrir ce passionnant blog dédié au jardinage et à la permaculture.

C’est l’histoire d’un joli livre qui vient d’être ré-édité chez « Sang de la Terre/ Les vertus des plantes » . Prix public 18 euros.
Le titre, « Cueillir et cuisiner les bonnes mauvaises herbes « .
L’auteur François Couplan, y exprime toutes les vertus (et les grands frissons) que peuvent nous apporter certaines herbes dites indésirables…Le philosophe américain, Ralph Waldo Emerson disait d’elles :
« Qu’est ce qu’une mauvaise herbe ? Tout simplement une plante dont on n’a pas encore découvert les vertus.  »
François Couplan va plus loin, estimant que nous avons simplement oublié les vertus de ces plantes. Les anciens connaissaient l’usage de certaines d’entre-elles, mais le fil de soie de la transmission s’est érodé.
Il nous appartient de renouer avec ce chemin de connaissance.

C’est adolescent que François Couplan se met au jardinage. Son premier potager, lui apporte des joies mais aussi  ses premières interrogations.
Il comprend  qu’inlassablement il devra apprendre à lutter ou à composer avec les assauts de certaines herbes invasives. Au lieu de tout arracher, il cherche à les identifier, à les apprivoiser, à comprendre le sens de leur présence au sein des jardins.
Malheureusement à cette époque, aucun livre ne viendra alimenter sa curiosité.
L’univers des plantes sauvages comestibles étant alors un parent pauvre de la littérature botanique.

Les premières informations, il les trouve dans un ouvrage en langue anglaise.
Et là, tout s’éclaire.
Il n’aura de cesse de fouiller, recueillir des informations, tester et mettre au jour toutes les valeurs nutritives de ces belles sauvageonnes.
Le constat est fort, d’après les analyses nutritionnelles il a été prouvé que les plantes sauvages sont systématiquement plus riches en nutriments (minéraux, vitamines, oligo-éléments, antioxydants, etc…) que les légumes cultivés.
« L’égopode » à elle seule renferme 7 fois plus de vitamine C que les agrumes, « l’ortie » se révèle 3 fois plus riche en fer que les épinards (bonne nouvelle !).
Au passage, allez jeter un coup d’œil à la recette suivante.

Ce livre est riche et original, vous y trouverez 16 articles sur les plantes sauvages comestibles de « l’amaranthe » à « la tanaisie » en passant par « l’ortie ».
Mais aussi des articles sur les vraies indésirables à éviter absolument comme « l’euphorbe » et « la jusquiame » ou avec plus d’évidence « la petite cigüe »…

À chaque fois vous trouverez la classification, l’habitat, l’origine et les propriétés de toutes ces plantes.
Et, pour notre plus grand régal, l’auteur glisse également à chaque article, une recette gourmande afin de nous convertir aux vertus de ces muettes bien vertes.
En vrac, vous pourrez y déguster une fondue de mauves, du plantain au vin blanc, des canapés d’ortie…

Sachez aussi, que sur son site www.couplan.com, l’auteur propose des stages de découverte.
Au cours de ces ballades, vous pouvez enrichir vos albums de photos, agrémenter vos herbiers de nouvelles conquêtes, déguster les petits plats après une bonne marche et prendre un bon bol d’air. Une idée pour des vacances gourmandes et contemplatives.

Rendons grâce à cette belle vitalité indomptable.
Elle est un don de la nature, et comme tout don, on ne s’en défait jamais.
Tout ce monde vivant, fragile et incompris, s’offre en fait peut-être plus à nos papilles, qu’à notre regard…

Corinne Bellocq