Omelette aux pousses d’orties

L’ortie provoque en moi un je-ne-sais-quoi de très attractif.
Peut-être m’évoque-elle une sorte de sentiment complexe, un de ceux qui ne se donne pas facilement, un danger qui se devine…
La belle verte est piquante au dehors et ne se laisse apprivoiser qu’à force de patience et de mise en confiance.

Les premières rencontres avec l’ortie se font toujours dans la petite enfance.
Dans nos toutes premières années, pleuvent les recommandations des parents vigilants.
Ainsi, l’on évite habilement, les caresses corrosives à grand renfort de bienveillance éclairée.

Et puis, un jour, vient la morsure fatale…

En général, cette brûlure, plonge les jeunes enfants dans des pleurs et dans leur regard se lit une incompréhension passagère. Comme une injustice, un mal insoupçonné que dame Nature nous impose aléatoirement. Pourquoi nous, si innocents ?
C’est le temps des apprentissages de la vie, le temps des petites désillusions…

C’est en découvrant les joies du jardinage, que j’ai redécouvert l’ortie sous un autre jour.
À l’époque, je prenais des cours auprès d’une passionnée de jardinage, sur le Bassin d’Arcachon.
Catherine, nous expliquait que pour bien accueillir un pied de tomate nous pouvions au moment de le planter ajouter deux belles poignées d’orties hachées grossièrement au sécateur…
Au début, je m’activais avec des gants. Les méchantes caresses ne me parcourant qu’au long des poignées.
Puis, vint le jour où je me décidais à le faire à mains nues. Comme un rite de passage, je voyais mes compagnons apprentis jardiniers le faire, je décidais de me confronter au mal.
À cet instant, une vague brûlante s’est mise à parcourir l’entièreté de mes mains, jusque sous les ongles. Cela m’a apporté une vigueur impressionnante jusqu’au soir.
Comme si le sang courait en moi trois fois plus vite. Un baptême du feu.
Depuis, tous les ans, je ranime ce feu irradiant sur ma peau, en cueillant des orties.
Cela m’apporte une étrange puissance, un regain de vitalité.

Je vais même vous confier, que j’ai soigneusement planté des plants montés en graine au fond de mon jardin. J’ai acquis sans beaucoup de douleur et sans pesticides un élégant massif d’orties au fond de mon jardin. Calme et généreux, il attend de se redonner toute nourriture à mes plants de tomates.
J’ai passé l’hiver avec ces gardiennes, leur présence me rassure. Elles si grouillantes dans les fossés et communes aux chemins délaissés, se plaisent chez nous.
Nous nous apprivoisons en silence.

Corinne Bellocq
Ingrédients pour 2 personnes :          NIVEAU         

1 bol de jeunes pousses d’orties (je prends la cime des orties, le bourgeon bien tendre)
4 œufs
1 gousse d’ail écrasée
2 cuillères à soupe de crème fraîche liquide (facultatif)
un peu d’huile d’olive
une pincée de sel
une pincée de poivre

Préparation :

Dans une jatte cassez les œufs, ajoutez le sel, le poivre, l’ail écrasé et la crème liquide.
Battez avec frénésie. Coupez grossièrement les pointes d’orties à l’aide d’un couteau.
Jetez les orties dans la jatte, et remuez.

Dans la poêle, mettez l’huile. Faites chauffer, puis versez l’appareil à omelette.
Faites cuire votre omelette comme à l’habitude et selon votre goût.
C’est prêt !

Note :

N’ayez crainte, vous ne sentirez pas les piquants des orties dans votre bouche.

Conseil :

Accompagnez votre omelette d’une salade verte arrosée d’un filet d’huile de lin (son goût très herbacé apportera une note bien bucolique à vos papilles).

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