Souvenirs de Sigogne, la Quantinerie

Ce week-end, la famille Bellocq et quelques amis sont partis en balade en Charente, direction Sigogne.
Nous avons voyagé le temps que met une heure et demi à naître puis mourir…
Tous bien passés par Jarnac, la route se mit soudain à devenir callipyge et sinueuse comme danseuse d’orient. Par petites touches et en habiles caresses, elle annonçait toute la douceur d’une terre de Charente, abondante et gironde.

Plus nous avancions, plus nos regards s’habillaient de lumières.
Heureux comme voyageurs, nous reçûmes plus de lueurs que mettrait un été à sonner son avènement.

Ô nous qui dans les villes prétendons être heureux, comme il fut aisé à la nature de venir nous semer en plein cœur. Les nobles ferments d’une campagne joyeuse firent voler en éclats nos prétentieuses fascinations bordelaises.
La végétation, à peine revêtue de ce mystérieux vert tendre, faisait trembler le paysage en tous sens.
« Venez, nous chantait-elle, voyez comme pour vous je dessine des coteaux charmants et comme les lianes de ma vigne donnent pour vous tout le chant de la terre. »
À perte de vue, la vigne, haute, aux lianes fourbues de soleil et de pluie, la vigne qui raconte pour les hommes le miracle de la nature.
Il aura fallu des générations d’hommes et de femmes pour écrire une histoire unique autour d’un breuvage qui porte un message : le cognac.
Derrière chacune de ces bâtisses centenaires du cognaçais, se cache un projet familial.
Ici, avant de distiller, l’on accueille, accompagne, transforme puis assemble tout le fruit du vivant.
Les producteurs de cognac savent qu’ils sont des passeurs, qu’il ne seront pour un temps donné, que la possession d’une terre qui a su bien les choisir.
La vigne dépasse les apparences, elle ne connaît que les profondeurs du terroir et des sentiments.
Elle plonge dans le cœur des hommes qui acceptent de l’apprivoiser.
Comme une amie silencieuse, elle se tient toujours bien près et court pour seul risque, celui de se donner pleinement.

Merci à la famille Roy pour son accueil généreux et lumineux, « La Quantinerie » continuera longtemps de briller dans nos cœurs gentils de rats des villes.

Corinne Bellocq


Paquerite défiant les colosses aux douelles de chêne.

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