Narcisse Pelletier

Aujourd’hui c’est samedi, et si vous alliez chez votre libraire préféré ?
Le livre Narcisse Pelletier « la vraie vie du sauvage blanc » de Thomas Duranteau et Xavier Porteau ( édité chez Elytis ) vous fera découvrir l’histoire vraie et extraordinaire d’un jeune mousse vendéen.

Narcisse Pelletier quitte sa région natale, en 1856, pour s’engager dans des voyages au long cours alors qu’il n’a que 12 ans.
Il embarque à bord du trois-mâts Saint-Paul à Marseille.
Le Saint-Paul partit à toutes voiles pour Bombay, avec un chargement de vins; de cette ville il fit voile vers Hong-Kong où il embarqua 317 coolies séduits par les promesses de fortune dans une lointaine Australie.
Des mois plus tard le navire échoue près de l’île de Rossel en Nouvelle-Guinée.

Échouage du Saint-Paul à l’île de Rossel Dessin de Hadamard
Source Wikipedia

À cette occasion, l’équipage européen subit alors l’attaque prolongée d’insulaires cannibales et parvient à s’enfuir en chaloupe.
La bataille est sanglante, une partie des coolies sera faite prisonnière par les autochtones, et parquée sur un îlot en guise de garde-manger.

Massacre des chinois sur l’île de Rossel Dessin d’Hadamard
source Wikipedia

Endurant maintes épreuves, les marins traversent la mer de Corail à bord de chaloupes, pour finalement aborder le littoral dans la région Nord-Est du Queensland, en Australie.
Au cours d’une expédition pour chercher de l’eau, Narcisse Pelletier se trouve séparé de ses compagnons d’infortune.



La chaloupe part sans lui, le marin est abandonné.

La solitude du marin grandit à mesure que l’obscurité s’abat sur toutes ses peurs. Pour supporter la fin et l’épuisement, il ne lui reste que le son de ses prières qui viennent se cogner dans sa tête.
Son courage est miné, car où aller ?
La fuite est rendue impossible.

Retrouvé prêt à mourir par une famille aborigène, Narcisse Pelletier est recueilli par deux hommes dont l’un pris d’un puissant sentiment de compassion, décide de l’adopter. Commence alors une vie rythmées d’initiations, d’apprentissages, d’échanges auprès de la communauté des pêcheurs, les Wanthaala.
Pendant 17 ans, auprès d’eux, il participe à tous les moments de la vie aborigène.
Narcisse Pelletier disparaît pour vite renaître sous l’identité de Amglo, désormais il est citoyen de la tribu de Ohantaala.

Narcisse Pelletier- Amglo

Cette vie et son quotidien volent en éclats en 1875.
Âgé maintenant de 31 ans, Narcisse Pelletier est récupéré contre son gré, sur le littoral par un navire anglais.
La presse australienne se précipite sur la découverte, celui qu’on surnomme désormais « le sauvage blanc » revient en 1876 à son village français Saint-Gilles-sur-Vie.
Il retrouve sa famille, est ovationné, mais se retrouve vite à faire face aux difficultés du retour à la vie occidentale, apprivoisant un monde qu’il avait laissé depuis longtemps.

« Ce n’était plus un français, c’était un australien. »
Constant Merland

Narcisse Pelletier ne réussira pas à embrasser une vie normale, il se marie, n’aura pas d’enfant et termine sa vie comme gardien des signaux au port de Saint-Nazaire, loin des hommes et au plus près d’une mer qui lui rapporte en sifflant le souvenir béant d’un éden perdu.
Il meurt à l’âge de 50 ans le 28 septembre 1894.

Ce livre est un bijou d’aventures, l’histoire est contée sur la base complète du livre réédité de Constant Merland -« Dix-sept ans chez les sauvages ».
Ce docteur et savant nantais recueillit et publia le témoignage de Narcisse Pelletier.
Les illustrations de Thomas Duranteau et les recherches documentaires de Xavier Porteau font de cet ouvrage, un objet de fascination bourré de mystères, d’évasion et d’humanisme.
Narcisse Pelletier « la vraie histoire du sauvage blanc »
Edition Elytis
Prix 35€

Corinne Bellocq

Christopher Cross- Sailing

9 commentaires Ajoutez le votre

  1. orededrum dit :

    Une belle découverte, Merci !

    1. corinne dit :

      Avec plaisir, passez un bon week-end 😉
      Corinne

  2. maminavanille dit :

    Cela donne envie de le lire !
    Merci pour cette découverte

    1. corinne dit :

      C’est un très bon livre pour s’évader, une histoire bien originale comme je les aime.
      J’avais découvert ce livre lors d’un salon littéraire à côté de chez moi.
      La maison d’édition est bordelaise 😉
      Bonne journée Mamina

  3. Jules bercy dit :

    Ohhh très intéressant j’adore ces histoires des hommes qui se sont perdus au milieu de l’océan et enlèvent par les aborigènes Narcisse a eu la chance à cette époque il y avait beaucoup des cannibales c pas vrai ?

    1. corinne dit :

      Coucou Jules,
      Oui il y avait beaucoup de cannibales dans ce coin du monde, et Narcisse a effectivement eu beaucoup de chance…
      La malchance ça a été de revenir en France, il se plaisait mieux là-bas dans sa nouvelle vie aborigène.
      Bonne soirée Jules

  4. Il aurait dû y retourner le pauvre…

  5. ugetse dit :

    Merci Corinne pour cette belle présentation. Je vais essayer de trouver ce livre. Bon dimanche. ❤️😘💐

    1. corinne dit :

      Avec plaisir, vous allez vous régaler, ce livre est très agréable à lire et est magnifiquement illustré.
      Bon dimanche à vous aussi
      P.S/ Je vais préparer des lasagnes aux légumes, il faut que ça mijote si, je veux que ce soit bon 😉

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