Rose shocking

Non, le rose Shocking n’est pas une plaisanterie.
Il existe réellement, fut propulsé par Elsa Schiaparelli, puis, consacré par le couturier Travilla, qui en fit un mythe sur les hanches de Marilyn Monroe.

Daisy Fellowes grande mondaine des années 20-30 s’offre un jour un énorme diamant acheté chez Cartier.
Sa taille 17,47 carats.
Sa couleur, un rose vif étincelant.
Daisy l’arborait en toutes occasions, jusqu’au jour où son amie, l’inventive et surréaliste styliste Elsa Schiaparelli pose son regard sur ce diamant exceptionnel.
En 1931, l’artiste italienne met au point cette couleur et décide de l’utiliser pour habiller très vite l’emballage de son premier parfum et ses collections de vêtements…

Le Rose Schoking Schiaparelli est né.
Elle dira de cette couleur « Ce fut un coup de foudre, la couleur clignotait devant mes yeux, lumineuse, impossible, impudente, en mouvement, comme une source de vie, comme toutes les lumières, les oiseaux et les poissons du monde mis ensemble, une couleur de la Chine et du Pérou, mais pas occidentale- une couleur scandaleuse, pure et non diluée ».

M’est avis que toute cette description entrait en résonance avec tout ce qu’elle était, tout ce qu’elle comprenait d’elle même.
Le rose Shocking en plus d’un parfum de scandale décrit à merveille son époque, son style de vie, ses amis ( Jean Cocteau, Salvador Dali, Andy Wahrol…) et son art.

En 1953, c’est le couturier Travilla qui est appelé en urgence.
Le film d’Howard Hawks « Gentlemen Prefers Blondes », porté par la star Marilyn Monroe est en préparation.
Au même moment, un calendrier de photos osées de la star sort du silence.
La presse est en ébullition, et tente de faire enfler le scandale, faisant prendre de gros risques financiers à la production de ce film.

Howard Hawks demande alors à Travilla de créer une robe sublime pour une scène particulière. Une robe qui mettrait les formes de Marilyn Monroe en valeur, mais qui surtout doit la couvrir…

Le résultat nous le connaissons tous.
Et la scène culte où Marilyn interprète, en fourreau de satin rose Shocking,  » Diamonds are a girl’s best friend « , reste à jamais gravée dans nos mémoires.
Cette robe seule une Marilyn pouvait singulièrement la faire vivre. L’emprise de ses hanches sur nos regards, et ce brûlant incarnat font disparaître l’image de la blonde peroxydée dépourvue d’âme.
D’une blonde condamnée à séduire et qui n’avait que le pourvoir de ne pas déplaire, Marilyn Monroe éclôt, son mythe est né.

Dans son habit de lumière,
la star ne sait pas encore
qu’elle vient de transcender la forme, 
elle donne à cette couleur toute sa force vitale,
pour devenir, « lumineuse, impossible, impudente,
en mouvement, comme toutes les lumières, scandaleuse,
pure et non diluée. »

©Corinne Bellocq 2020
Photo d’entête d’article, Wikipedia Creative Commons « Tour Eiffel Pink October »

Marilyn Monroe dans la robe rose shocking que Travilla dessina un jour pour elle.

Source: « La vie secrète des couleurs » de Kassia St Clair aux éditions Chêne

14 commentaires Ajoutez le votre

  1. Merci chère Corinne pour ce bel article qui nous réconcilie avec la vie! Un bel exemple d’histoire culturelle de la couleur telle que Michel Pastoureau la tente depuis plusieurs décennies – mais je ne crois pas qu’il ait jamais travaillé sur le rose…

    1. corinne dit :

      Bonsoir Laurent,
      Merci pour votre commentaire, en effet un peu de « vie en rose » ne nuit pas…
      J’ai trouvé un petit encart de Michel Pastoureau sur le rose dans lequel il explique que cette couleur n’a pas eu d’existence définie pendant très longtemps.
      Elle était reléguée à la seule expression de l’incarnation de la peau.
      Porté par le romantisme, au XVIII ème siècle, le rose devient l’expression de la tendresse, un rouge atténué dépouillé de son caractère guerrier. C’est d’ailleurs à cette époque que la bourgeoisie habille volontiers les garçonnets en rose, et les filles en bleu (couleur de la ceinture de la Vierge marie, signe de sagesse). Dans les années 70 les mouvements féministes décident d’inverser les codes, les filles s’habilleront de rose, les garçons de bleu, du jour au lendemain le rose passe d’évocation de la tendresse à la mièvrerie…
      C’est tout ce que j’ai trouvé, je ne possède pas tous les ouvrages de Michel Pastoureau que j’adore lire et offrir depuis longtemps. Il est l’historien incontesté des couleurs.
      Dans un autre article, j’ai également lu que le rose n’est pas considéré comme une couleur, je vais creuser la chose.
      Au plaisir de vous lire Laurent
      Passez une bonne soirée
      Corinne

  2. Swannaëlle dit :

    Bravo Corinne pour ce texte ! Et de nous faire revivre un moment avec cette sublime artiste 🌹🌹🌹 belle fin de soirée😘

    1. corinne dit :

      Merci Swannaëlle,
      Marilyn c’est une grande dame, une sublime artiste tu as raison !
      Merci pour ta venue et ton commentaire
      je te souhaite une bonne journée
      Corinne

      1. Swannaëlle dit :

        Bonne journée aussi pour toi 😘🌹

  3. Swannaëlle dit :

    Je ne vois pas mon commentaire mais je rajoute que ce soir, soir de chance, la vidéo a fonctionné ! 😂😂😂

    1. corinne dit :

      Recoucou,
      Les commentaires passent par le modérateur.
      Il faut que je les valide, c’est fait !!
      mais je vais aller vérifier;)
      heureuse que la video fonctionne, c’est sublime…
      à bientôt Swannaëlle

      1. Swannaëlle dit :

        Super ! Merci et à plus …😉

  4. Swannaëlle dit :

    Mes commentaires ne sont plus là😢😢😢

    1. corinne dit :

      Et voilà !

  5. bertri13340 dit :

    Belle photo ! J’aimais bien le quartier de Grenelle !

    1. corinne dit :

      Merci Bernard, un peu d’éclat et de grandeur ne nuisent pas 😉
      C’est notre Paris !!
      Belle journée

  6. KOH  dit :

    c’est beau !!!👍

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