*Hans Christian

Récemment, pendant ces fêtes de fin d’année, et pour mon plus grand plaisir, j’ai regardé un documentaire sur une vieille idole du nom de :
Hans Christian Andersen.

    • Hans Christian Andersen, je ne le savais pas mais vous êtes né ilien, et rien que ce détail explique à mes yeux cette quête insatiable d’ailleurs, cette fuite en avant, cette perméabilité maladive à la géographie de l’imaginaire.

      Vous êtes le fruit unique des amours d’une mère très croyante et superstitieuse qui ne raisonnait qu’avec le cœur, et, d’un père cordonnier à l’esprit très ouvert, passionné de politique, des arts et de culture, mais très dépressif.
      Vous êtes né pauvre, très pauvre, mais bien aimé.
      De ce manque matériel vous faites une force et vous érigez votre temple personnel de l’imaginaire.
      À ce titre, et dès la petite enfance, vous décidez qu’une aiguille, qu’un briquet, ou qu’une feuille de figuier peuvent prendre chair et qu’entre vos mots ils s’animeront comme vous l’ordonnerez.
  • Au milieu de cette modeste et précieuse harmonie vient à éclater une guerre sinistre et injuste. Nous sommes en 1815, et voici que votre tranquille Danemark s’engage et se retrouve allié de la France dans une guerre napoléonienne. Cette ogresse maline ne crache que le cahot et le désordre funeste.
    • Ce père tant aimé part à la guerre.
      Il croit à l’opportunité d’un enrôlement, porteur d’avenir et de sécurité financière, et que cet uniforme trop grand vous sortira tous bientôt de la modeste condition qui vous accable.
      Mais, c’est l’infortune qui mordra toute votre famille et gagnera toutes les médailles.
      Ce père tant aimé revient de la guerre.
      Sans âme, les yeux lavés par les bombes, défait, il plonge dans une abyssale dépression. Un an plus tard, à seulement 34 ans il décède et vous laisse seul pour toujours, accroché aux bras d’une mère désespérée, seule et courtisée par un alcoolisme rampant.

  • À 14 ans, vous réunissez toutes vos économies, et vous préssentez « que vous allez devenir célèbre ». Vos maigres deniers paieront le prix pour un aller simple, direction Copenhague la géante qui ne se gagne qu’à diligence et par bateau.
Maison d’enfance d’Hans Christian Andersen à Odense sur l’île de Fyn au Danemark
Auteur Kåre Thor Olsen – 16 septembre 2007

À Copenhague vous subsistez en contant vos histoires, et très vite c’est la haute société danoise qui vous repère. Certains ont compris que votre place se trouve au Théâtre Royal de Copenhague, et pour vous aider, ils deviennent vos mécènes et vous encouragent dans tous vos projets.

La suite nous la connaissons vous devenez, cet auteur à succès, fierté du Danemark dont la réputation s’est faite à l’échelle mondiale.
Ce qu’on sait moins de vous c’est votre tempérament excentrique, votre goût des voyages, et la peur maladive que vous aviez de presque tout.

C’est justement pour vous confronter à toutes ces peurs, que vous entreprenez de nombreux voyages vers Paris, Londres, l’Allemagne, la Suisse, le Maroc (qui vous submerge par son exotisme), la Grèce, la Turquie et surtout vers la sensuelle Naples qui vous fera succomber et dire « Je suis italien ».

À Naples, vous défiez même le Vésuve espérant faire tomber vos dernières défenses et choquer vos propres peurs. C’est en rêvant devant la baie de Naples, que la Petite sirène jaillira de votre imaginaire et naîtra dans les flots brillants de la Méditerranée. Cette mer est à l’image de la vie et signe son ambivalence. Elle est à la fois la matrice d’un amour échevelé et impossible, mais aussi la promesse d’un linceul bleuté pour une amoureuse éconduite et qui meurt d’être née dans le mauvais corps.

On dit de votre style littéraire qu’il est léger, et que votre écriture est faite pour être dite. Tout au long de votre vie vous n’avez cessé d’aimer conter, de servir si amoureusement votre auditoire privilégié, composé d’enfants mais aussi de nombreux anciens enfants. La musicalité de votre écriture, ses messages cachés, sont autant de cartes au trésors dont le symbolisme affleure dans chaque scène, visage, ou geste.

Illustration du Vilain Petit Canard par Vilhelm Pedersen.

Et puis vous êtes devenu ce cygne, symbole de votre métamorphose, de votre aboutissement et de cette réussite tant désirée. Vous avez trouvé votre place dans ce monde qui ne vous comprenait pas toujours. Vous avez déployé vos ailes et vous avez su déposer votre regard noir, profond et élégant sur les ombres et les mystères de la psyché humaine.

Cet homme qui est encore immensément aimé, et qui si justement ne brille bien que sur un piédestal, je l’aime. Parce qu’il n’a jamais cessé de tenir la main de l’ancien enfant qu’il était, sans le trahir ni lui tourner le dos.
Parce qu’il s’est toujours senti à moitié féminin…
On ne devrait jamais oublier ni mépriser nos lectures d’enfance.

Nous devrions le relire.
Elles sont les premières portes lourdes qu’un jour nous avons poussé seul, pour faire notre entrée timide et innocente dans ce monde peuplé de mystères, de luttes, d’incompréhensions, de mirages et de découvertes infinies…

Corinne Bellocq©2020

* Chers ami(e)s, pour votre information, si je nomme certaines grandes personnalités par leurs petits noms, c’est une manière très affectueuse de leur dire que je les aime très tendrement, et qu’ils me sont si chers que de toute évidence, à mes yeux seul leur petit nom fait sens.

Photo d’entête d’article de Hans Christian Andersen, Wikipedia Creative Commons, dessin et image intérieurs également.

https://www.arte.tv/fr/videos/098378-000-A/le-monde-enchante-d-andersen/
Si le cœur vous en dit, voici le lien pour ce documentaire mais en français et en allemand seulement…

Théâtre de papier – ThéÂtre Mont D’Hiver
Hans Christian Andersen était passionné par le découpage de motifs en tous genres, et par les théâtres de papier, en voici quelques images venues d’Allemagne.

36 commentaires Ajoutez le votre

  1. Angélique dit :

    Bonjour Corinne, magnifique article. Un bel hommage à nos âmes d’enfants.
    Je te souhaite un bon dimanche.
    Je t’embrasse 😘

    1. corinne dit :

      Merci beaucoup Angélique,
      Ça fait du bien de dire qu’on aime quand on a tellement aimé. Et Andersen était je crois mon seul livre de chevet pendant longtemps et il était inépuisable. J’ai lu et relu ces contes…
      Belle journée à toi et merci beaucoup pour ton commentaire.
      Bien fort🙏🏼😘
      Corinne

  2. Swannaëlle dit :

    Superbe article sur ce conteur qui a ravi notre enfance ! Merci Corinne, beau dimanche😘🌹🎶

    1. corinne dit :

      Il plane toujours au dessus de nos têtes, il fait comme le cygne, il domine dans le Royaume des Cieux.
      Bon dimanche et merci pour ton commentaire chère Swannaëlle
      Bisous ❤️

      1. Swannaëlle dit :

        Merci, beau dimanche aussi 😘🌹🎶

  3. Ah que de temps passé petite à lire un gros livre de ses contes 🥰

    1. corinne dit :

      Et à les user …❤️
      je t’embrasse fort
      Corinne

  4. Ashley dit :

    Corinne, this is a lovely article about one of the worlds great storytellers. We mustn’t forget him or his stories! Also, I love the little ‘Paper Theatre’, wonderful. Have a happy Sunday, stay safe. Sending hugs and kisses 🤗😘🤗😘🙏

    1. corinne dit :

      Thanks Ashley,
      he is wonderful and I think he had a good face, his face exudes kindness and naivety …
      I kiss you hard and thank you for your comment
      All strong🌹❤️💜
      Corinne🥰

      1. Ashley dit :

        Strong hard kisses in return! 😘😘😘🙏

  5. macalder02 dit :

    De sus 54 cuentos para niños, « El patito feo » es el que se me quedó grabado en la memoria. Disfruté si lectura desde niño y aún en la adultez, me dejaba ese sabor de haber disfrutado de mi inocencia a más no poder. Una verdadera lastima que no pueda disfrutar del vídeo por razones del idioma pero tú crónica ha sido una lectura edificante y muy bien llevada que me siento satisfecho de rememorar la vida de un escritor excepcional.
    Gracias Corinne por este regalo de año nuevo. Feliz domingo
    Manuel Angel

    1. corinne dit :

      Manuel-Ángel,
      Es una felicidad y es un honor que este artículo te agrade y te haga feliz. Me doy cuenta de que siempre es más fácil hablar de lo que amas, y encuentro a este hombre tan brillante y entrañable.
      Soy como tú, niña. Leí y luego releí mi gran libro del cuento de Andersen. Aún lo tengo y lo que me sorprende es que está en excelentes condiciones. Creo que realmente lo respetaba mucho …
      El patito feo también es mi favorito, y me tomó años entender realmente el significado de este cuento. De niño me tocó porque no soportaba la injusticia y el rechazo de este patito. Y luego, años después, leyendo « Mujeres que corren con lobos » de Clarissa Pinkola Estes, comprendí todo el significado oculto y especialmente por qué este cuento resonó así en mí …
      Veo que abrigamos en cada uno de nosotros este Patito Feo … y qué fuerza, y qué suerte.
      Me alegro, de verdad, que te lleves mi modesto artículo como regalo, ese es el mejor cumplido que puedo recibir.
      Muchas gracias Manuel-Ángel.
      Je t’embrasse très fort 😘
      P.D: Desafortunadamente, hay muy poco teatro de papel y, según mi investigación, especialmente en Alamania.
      * Es un enlace al gran libro del que les estaba hablando, estoy seguro de que existe en español, es el idioma nativo del autor
      https://books.google.fr/books/about/Femmes_qui_courent_avec_les_loups.html?id=3TviAAAACAAJ&source=kp_book_description&redir_esc=y

      1. macalder02 dit :

        Hay un hilo invisible que une pensamientos, aficiones y sentimientos a personas que no se conocen personalmente. Con la escritura, ese conocimiento personal puede ser real.
        Cualquier punto de partida , es un momento privilegiado dónde al fin uno se siente cómodo.No es sólo lo que se rasga en una pantalla, sino aquello que marca, instaura una huella que antes no estaba y uno de siente satisfecho de poder compartir veda amistad. Quizás el viento se lleve mi escritura o la lluvia la empape, pero lo cierto es que es real para mí.
        El Patito Feo viene ser para lo mismo que va ti porque leí a la misma autora hace un buen tiempo. Gracias por existir.
        Buen fin de semana para ti.
        Manuel Angel

      2. macalder02 dit :

        En el cuento de “El patito feo”, la doctora Pinkola trata del exilio del alma, animando a resistir a aquellas mujeres que han sido maltratadas por su propia familia.

        1. corinne dit :

          Por supuesto, es el abuso de mi madre hacia mí, es su incapacidad para amarme, es la historia, mi historia, la del rechazo y el abandono … ver más desde mi 40 cumpleaños, tengo 47. Es largo, pero es mejor así. Un día se topó con lo que escribía en el antiguo blog y me escribió esta sencilla frase: « Estoy muy orgullosa de ti » … eso ya es. Pero no es suficiente.
          No sé si alguna vez escribiré una sola palabra traicionera sobre mi relación con ella, pero ese día tengo miedo de molestar. Vivo con su fantasma. Y a veces ella hace incursiones en mi vida, pueden ser bastante aterradoras.
          Por suerte tuve una abuela maravillosa, la suerte de mi vida. Además, leí « El baile de las abuelas » del mismo autor;)
          Gracias por existir también Manuel-Ángel.
          Un abrazo muy fuerte
          Corinne

          1. macalder02 dit :

            Hola Corinne. Recuerda siempre, estaré a tu lado en todo momento porque te entiendo y sé cómo te sientes.

          2. corinne dit :

            Manuel-Ángel,
            No esperaba encontrar amistades ricas al venir aquí.
            Y te encuentro a ti, y nos encontramos.
            Guardo tus últimas palabras en lo profundo de mi corazón, ahora son muy queridas para mí.
            Gracias Manuel-Ángel. Gracias por existir.
            Muy alto.
            Corinne

          3. macalder02 dit :

            Por nada Corinne. Solo expreso lo que siento.

          4. corinne dit :

            ❤️💜💖

  6. Très beau partage, si intéressant..
    Merci Corinne ⭐🌟⭐🌟⭐

    1. corinne dit :

      Avec joie, ce fut un plaisir de l’écrire !!
      à bientôt Evelyne😘
      Corinne

  7. Giusy dit :

    Corinne! quel article délicieux et bien écrit! c’était un plaisir de le lire. un super abbraccio 🙂

  8. Pigraï Flair dit :

    Ton article très intéressant m’a permis de mieux connaître Monsieur Andersen. L’enfance façonne ainsi que l’environnement familial et les conditions de vie du pays ou l’on vit. La guerre a fait des ravages et paradoxalement a créé le « plus jamais ça », une envie de merveilleux, de paix. Nous sommes toujours sur un fil et c’est pourquoi il est important de valoriser le féminin, la création, l’enfant et la créativité de l’enfant. Merci Corinne pour ce brillant article plein d’étoiles dans les yeux. Bizzzz.

    1. corinne dit :

      Merci pour l’image du fil…c’est ça, il transcende complètement ses malheurs, ses incompréhensions, ses propres difficultés en quelque chose de supérieur qui profite à tous, de son expérience il fait un message universel !
      Je te remercie Alan pour ton commentaire.
      Je suis heureuse de dire à ce grand Monsieur Andersen que je l’aime, et qu’il a magnifiquement accompagné mon enfance.
      Je t’embrasse
      À bientôt Alan et bonne soirée

  9. Esther Luette dit :

    Comme souvent, une incursion furtive sur ton blog me fait y rester et savourer les multiples découvertes que tu y proposes, de la plume fine, sensible et pertinente qui est la tienne. J’ai aimé Andersen, et relis toujours avec plaisir ses contes, mais ne connaissais pas sa vie. C’est chose un peu mieux faite grâce à ce bel article, je t’en remercie 🙂

    1. corinne dit :

      Merci pour ta venue, qui me touche beaucoup, surtout pour cet article qui m’apporte du bonheur et que j’ai beaucoup aimé écrire.
      Il y a encore plein de choses à dire mais je voulais laisser le lecteur prendre le temps d’aller peut-être découvrir ce magnifique documentaire sur Arte.
      Je viens de me commander les carnets de voyages d’Andersen, malheureusement en anglais, les éditions françaises semblent épuisées…Il paraît que dans ces carnets de voyages, l’écriture de Andersen est très sensuelle, et qu’on y trouve ses dessins.
      D’avance je me réjouis.
      je t’embrasse fort
      Corinne

  10. gabychops dit :

    Dear Corinne, your article is so poetic as if the Master wrote himself.I have all his works in a beautiful FOLIO edition I was going to write about him but you took the winds from my sail.
    Thank you.

    Joanne
    .

    1. corinne dit :

      Joanna,
      We are in energies that like to move together, our boats like to float on beautiful shores, and sometimes we will cross paths. I find that magnificent …
      When you get your article out, if you don’t mind, I’ll share it.
      Like that, the generous and luminous soul of Mr. Andersen will continue its journey beyond our lines.
      I kiss you very hard and thank you for your comment which you know makes me very very happy …
      All strong❤️
      Corinne

  11. Aldor dit :

    Bonjour Corinne,

    Un peu comme Esther : je ne connaissais pas du tout la vie d’Andersen et te remercie de nous la raconter.

    1. corinne dit :

      Merci Aldor,
      J’aurais pu en dire beaucoup plus mais je ne voulais pas déflorer le documentaire, qui est vraiment très bien fait.
      Ce qui est fascinant c’est que comme son père il avait conservé le goût de faire des choses avec ses mains, et qu’il aimait beaucoup offrir ses créations en papier découpé.
      C’était un homme très attachant, je suis heureuse de l’avoir tant aimé.
      Je t’embrasse.
      Merci pour ton commentaire.
      Corinne

  12. Lazuli Biloba dit :

    Que dire de plus… si ce n’est que je te remercie de me faire découvrir ce beau visage, ce sourire plein d’intelligence, de douceur, de bonté, ce regard tourné vers on ne sait quoi mais qui trahit la curiosité, l’émerveillement…

    1. corinne dit :

      Tu vois cela Danielle, avec tes yeux qui voient tout…
      Mais cette photo est complètement anachronique. Quand tu sais qu’à l’époque les personnes ne s’attardaient pas à sourire devant le photographe, faute de moyens techniques assez poussés. Lui, malgré lui, laisse jaillir sa douceur, sa candeur, son goût de la vie, sa joie immense d’être, de vibrer, on le sent bien, vivant parmi les vivants…
      Il y a des âmes pures qui errent en ce bas monde, il en faisait partie.
      Je t’embrasse fort❤️
      Corinne

      1. Lazuli Biloba dit :

        Chère Corinne, je vois que nous sommes également en quête des âmes pures qui errent en ce bas monde pour partager leur émerveillement devant la vie… Je t’embrasse, danielle

  13. One of my best memories of my childhood was definitely the beautiful European storybooks every bedtime!!! Andersen’s stories are very sad but so beautiful😍❣️

    1. corinne dit :

      Ho hello Kawela,
      I am so happy to read you !
      Andersen is like an old friend for every children,
      he has held the hands of so many children in the world.
      I still have my Andersen book, and what amazes me is that it is in perfect condition, I must have liked it very much …
      Je t’embrasse Kawela😘🐠🕊🌴🌞🌈🌺

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